"Mille francs de récompense" au Théâtre National de Toulouse - Janvier 2010

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Mille francs de récompense Texte écrit en 1866 par Victor Hugo

Mille francs de récompense, rédigé quatre ans après Les Misérables, reprend le thème de la fatalité sociale. La dramaturgie est ici mise au service d'une dénonciation virulente des préjugés bourgeois et des carences de la justice humaine.
Avec cette pièce en prose, Hugo nous donne un modèle de théâtre engagé, à la fois drôle et sérieux.

Drôle de drame !

Mille francs de récompense est une oeuvre insolite. Une phrase du fils de Victor Hugo, François-Victor, résume bien la tonalité de la pièce : « J’imagine très bien mon père écrivant Mille francs à son pupitre de Guernesey, pleurant d’un oeil et riant de l’autre. » Et effectivement, on ne sait jamais sur quel pied danser  : drame ou comédie ?
L’action se passe dans les années 1820, dans un Paris symbole d’une société à deux vitesses. D’un côté, ceux qui ont le pouvoir, l’argent, les plaisirs et disposent de la justice comme bon leur semble ; de l’autre, ceux qui subissent, qui se débattent contre la misère, le froid, les huissiers , la police et contre… cette même justice.
Naturellement, comme à son habitude, l’auteur a choisi son camp : celui de la veuve et de l’orphelin(e), celui du crève-la-faim, voleur par nécessité. Mais jamais Hugo ne tombe dans le misérabilisme. Bien au contraire, il utilise l’humour pour dépasser le désespoir qu’il dépeint. Et pour cela, il crée un personnage sublime et grotesque à la fois, mélange de Jean Valjean par la tendre bonté et de Gavroche par la verve gouailleuse  : Glapieu, truand au grand coeur, qui va se transformer en bon samaritain des faubourgs et redresser les torts d’une société bourgeoise et affairiste. Victor Hugo s’en donne à coeur joie. Il se livre à un véritable jeu de massacre, pilonnant l’ordre établi, dénonçant l’injustice sociale, le tout avec une verve rageuse et jubilatoire. Dans ce mélo « contestataire, » Victor Hugo délivre son message humaniste en alliant suspense, action, humour et politique.
-Laurent Serrano, septembre 1999
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